Mardi 19 mai 2026

19H00 - 20H30

Amphithéâtre des Loges

14 rue Bonaparte, 75006 Paris

ENTRÉE LIBRE

D’où parles-tu camarade ?

Durant les évènements de mai 68, il était courant d’interroger de la sorte une personne inconnue qui souhaitait prendre la parole en Assemblée Générale, ceci afin de connaître sa position sociale (on parlait alors de "classes") et donc sa légitimité à s’exprimer. L’historien Philippe Artières, qui a été co-commissaire de l’exposition Images en Lutte, la culture visuelle de l’extrême-gauche en France (1968-1974) aux Beaux-Arts de Paris en 2018 mène depuis les années 1990 des recherches autour de l’écriture et de l’archive « mineure ». Celles-ci l’ont entre autres conduit dans des archives pénitentiaires ou dans les papiers d’un philosophe du XXe siècle, des personnes vivant avec le VIH ou d’un asile psychiatrique de la Manche. Ce vaste chantier a été mené en interrogeant des lieux, des personnages, des objets et des événements. Au cours de cette rencontre, il sera question de traces, qui justement ne sont pas archivées, et de possibilités offertes à l’historien de leur donner vie par le biais de la fiction et en s’entourant d’autres. Il sera également question de camarades et d’ennemis, de « Je » et de « Nous ».

Rencontre modérée par François-René Martin et Audrey Illouz.


Philippe Artières, historien du contemporain, Directeur de recherches au CNRS, à l’Institut de Recherche Interdisciplinaire sur les enjeux Sociaux (IRIS) de l’Ehess à Paris-Condorcet, a consacré une partie de ses travaux à l’histoire contemporaine de l’écriture (XIXe-XXe siècles). Il a en particulier publié Clinique de l’écriture (La Découverte-poche, 2013), la Banderole (Autrement-poche, 20), La police de l’écriture (La Découverte 2013) et Décrire. Études sur la culture écrite contemporaine (1871-1981) (Editions de la Sorbonne, 2016) La Experiencia escrita, Buenos Aires, Ampersand, Colección Scripta Manent 2019). Cet intérêt pour les écritures l’a conduit à une série recherches sur les soulèvements des Années 68 et à leurs archives dans une perspective foucaldienne, s’attachant à mettre en évidence les modes de subjectivation à l’œuvre dans ces événements. Il a en particulier co-dirigé avec Michelle Zancarini-Fournel, 68, une histoire collective (La Découverte, 2008/2018), coordonné La révolte de la prison de Nancy - 15 janvier 1972 (Le Point du Jour, 2013), Attica USA 1971 (Le Point du Jour 2017) et écrit Le peuple du Larzac (La Découverte, 2021), La mine en procès. Fouquières-les-Lens, 1970 (Anamosa, 2023). Il a organisé plusieurs expositions, ainsi a-t-il été co-commissaire avec Eric de Chassey en 2018 de l’exposition à l’ENSBA, Images en lutte.


Crédit photo : © Léo Bertocchi