Les missions de l’École
Les Beaux-Arts de Paris sont à la fois un lieu de formation et d’expérimentations artistiques, d’expositions et de conservation de collections historiques et contemporaines et une maison d’édition. Héritière des Académies royales de peinture et de sculpture fondées au XVIIe siècle sous le règne de Louis XIV, l’École nationale supérieure des beaux-arts, placée sous la tutelle du ministère de la Culture, a pour vocation première de former des artistes de haut niveau. Elle occupe une place essentielle sur la scène artistique contemporaine.
Conformément aux principes pédagogiques qui ont toujours eu cours aux Beaux-Arts de Paris, la formation y est dispensée en atelier, sous la conduite d’artistes de renom. Cette pratique d’atelier est complétée par une palette d’enseignements théoriques et techniques qui ont pour but de permettre aux étudiantes et aux étudiants une diversité d’approches. Ils visent à leur apporter une large culture artistique, tout en favorisant la multiplicité des champs d’expérimentation et la transdisciplinarité.
La variété des savoirs et métiers rencontrés à l’École ouvre des perspectives multiples qui peuvent être explorées tout au long du cursus. Cette formation, où chaque étudiant et chaque étudiante peut puiser les ressources propres à étayer une démarche artistique personnelle, doit permettre à chacun et chacune d’appréhender les enjeux de l’art contemporain et le statut de l’artiste aujourd’hui.
Les Beaux-Arts de Paris, ancrés dans la réalité économique et sociale, se donnent également pour mission de créer des passerelles entre la vie étudiante et la vie professionnelle, notamment en initiant leurs étudiantes et étudiants au monde de l’art et en favorisant les rencontres avec ses acteurs et actrices. C’est pourquoi le service communication relaye tout au long de l’année l’annonce des bourses, prix, offres de résidence et appels à projet auxquels les étudiantes et les étudiants peuvent participer. Certaines de ces offres sont directement liées à la politique de mécénat et de partenariat de l’École. Durant toute la durée de leur cursus, les étudiantes et les étudiants voient ainsi se multiplier les opportunités de concourir à des projets et de faire connaître leur travail dans un périmètre large. Les Beaux-Arts de Paris sont partenaires de l’université PSL (Paris Sciences & Lettres), qui comprend 25 établissements prestigieux de la capitale. Créée dans le but de développer des synergies entre grandes écoles, de mettre en commun leurs ressources documentaires et de favoriser les échanges entre étudiantes et étudiants, PSL permet ainsi de tendre des passerelles entre les domaines de la recherche scientifique et les disciplines littéraires, économiques et artistiques.
Les Beaux-Arts de Paris ont notamment développé avec cinq de ces membres (CNSAD, CNSMD, Fémis, EnsAD et ENS) le programme de recherche SACRe (Science, Art, Création, Recherche).
Saint-Germain-des-Prés et Saint-Ouen
L’institution, située à Saint-Germain-des-Prés, se répartit sur deux hectares. Elle comprend de nombreux ateliers, auxquels s’ajoutent trois amphithéâtres et un cabinet de morphologie dédié à la pratique du dessin, une bibliothèque spécialisée en art contemporain, ainsi que deux espaces d’exposition, le Palais des Beaux-Arts et le Cabinet des dessins et estampes – Jean Bonna. Les Beaux-Arts de Paris disposent d’une seconde implantation à Saint-Ouen-sur-Seine. Un vaste espace, situé dans le quartier des Puces, abrite les ateliers et pratiques de taille, modelage, moulage, forge, matériaux composites et céramique. Hébergé dans un ancien bâtiment industriel s’étendant sur 1 000 m², le site permet de développer des projets de grande envergure. Il accueille également la classe préparatoire publique, inaugurée en 2016. Via Ferrata reçoit cinquante élèves issus de lycées placés en zone prioritaire, désireux de se préparer aux concours d’entrée aux écoles d’art.
Histoire des bâtiments
Les Beaux-Arts de Paris forment un vaste ensemble architectural dont les bâtiments, répartis entre la rue Bonaparte et le quai Malaquais, datent des XVIIe, XVIIIe, XIXe et XXe siècles. L’institution est l’héritière de l’Académie royale de peinture et de sculpture, fondée par Anne d’Autriche en 1648, et de l’Académie royale d’architecture, établie par Louis XIV en 1671, toutes deux dissoutes par la Convention en 1793. Dès 1797, les deux enseignements fusionnent en une seule institution, donnant naissance à l’École des Beaux-Arts. Celle-ci est successivement installée au Louvre, puis à l’Institut de France, et enfin sur le site de l’ancien couvent des Petits-Augustins, rue Bonaparte.
La chapelle dite « des louanges », bâtie pour le reine Margot, et ses bâtiments annexes, élevés au début du XVIIe siècle pour le couvent des Petits-Augustins, constituent les constructions les plus anciennes de l’École. En 1790, Alexandre Lenoir (1761-1839), conservateur, y aménage le Musée des Monuments français où il préserve des éléments de sculptures remarquables provenant de monuments de toute la France, en péril à la suite de leur nationalisation par les révolutionnaires.
En 1816, la Restauration fait fermer le musée. Les œuvres religieuses sont alors restituées aux églises, certains monuments originaux remis en place (comme les tombeaux des rois à la basilique Saint-Denis) et d’autres envoyés au musée du Louvre ou laissés sur place. C’est alors que les lieux sont affectés à l’École des Beaux-Arts qui, depuis 1829, occupe son emplacement actuel.
L’installation de l’École donne lieu à un projet architectural ambitieux, porté par l’architecte François Debret (1777-1850). Il fait construire le bâtiment des Loges, pour servir au déroulement des concours, et conçoit le Palais des études que Félix Duban (1797-1872), son élève et beau-frère, parachève. Duban termine à son idée la construction et la décoration de ce Palais et fait édifier en complément un bâtiment pour les expositions (comprenant les salles Melpomène et Foch) qui donne sur le quai Malaquais. Enfin, il aménage les cours d’entrée côté rue Bonaparte, ainsi que la chapelle et le cloître – actuelle cour du Mûrier – de l’ancien couvent.
Inspiré par le Musée des Monuments français de Lenoir, Félix Duban réunit des vestiges architecturaux et décoratifs laissés sur le site après la dispersion des collections. Il élabore un ensemble inédit où le réemploi de fragments d’origines diverses participe d’un projet cohérent : faire de l’École elle-même un instrument d’enseignement, offrant à chacun et chacune une découverte libre, sensible et progressive des formes et de l’histoire de l’art.
C’est en 1885 que l’École connaît sa grande extension avec l’achat de l’hôtel de Chimay et de ses annexes des XVIIe et XVIIIe siècles, situés aux 15 et 17 quai Malaquais.
En 1954, afin d’augmenter le nombre d’ateliers, les salles d’expositions sont surélevées par l’entreprise des frères Perret, donnant aux Beaux-Arts de Paris leur forme définitive.
Statut et cadre juridique
Établissement public national à caractère administratif, régi par le décret n˚84–968 du 26 octobre 1984 modifié, l’École nationale supérieure des beaux-arts est placée sous la tutelle du ministère de la Culture.
Le conseil d’administration, dont les votes ont un caractère décisionnel, fixe les orientations de l’établissement et vote le budget.
Le conseil pédagogique, présidé par le directeur, est consulté sur les questions ayant une incidence en matière d’enseignement. Ses avis sont consultatifs. Il se réunit au moins deux fois par an. Outre le directeur, le conseil pédagogique est composé de deux personnalités nommées par le directeur, de quinze enseignantes et enseignants de l’établissement élus et de trois représentantes et représentants des étudiantes et étudiants. L’arrêté du 20 novembre 2020 fixe l’organisation de l’admission et des études à l’École. Il est complété, chaque année, par le règlement des études et des examens. Le règlement intérieur précise les conditions de fonctionnement de l’établissement, notamment en matière de logistique et de sécurité. Chaque étudiant et chaque étudiante admise à l’École reçoit un exemplaire de ces deux règlements et reconnaît en avoir pris connaissance.
Photo d’accueil : © Jean-Baptiste Monteil
Cour Bonaparte et Palais des études © Jean-Baptiste Monteil
Cour du mûrier © Jean-Baptiste Monteil
Amphithéâtre d’honneur © Jean-Baptiste Monteil
Chapelle des Petits Augustins © Jean-Baptiste Monteil
