DENSITÉ ±0

Une exposition proposée par Caroline Ferreira et Marianne Lanavère
Du 03/02/2004 au 11/04/2004

Vernissage le 02/02/2004

[Communiqué de presse]
[Les artistes]
[Biographie des artistes]
[Exposition]
[Commissaire de l'exposition]
[Catalogue]
[Informations pratiques]

 

Communiqué de presse

DENSITÉ ±0
3 février – 11 avril 2004

Dans la lignée d’artistes qui ont tenté de dématérialiser l’objet d’art à la fin des années 60 en y substituant des propositions conceptuelles, immatérielles ou éphémères, certains artistes contemporains renouvellent un intérêt pour les notions de vide, de disparition ou d’invisibilité. Par la retenue formelle, ils font preuve d’une acuité de perception traduisant plus directement leur sensibilité au monde. Densité ±0 propose un regard sur ces pratiques singulières de l’art d’aujourd’hui. Comme son titre le suggère, l’exposition rassemble des œuvres dont l’apparente réduction visuelle en renforce la charge conceptuelle et émotionnelle.
Les positions esthétiques des artistes présentés dans l’exposition Densité ±0 relèvent davantage du geste « infra-ordinaire » que de la superproduction. Les œuvres choisies proviennent d’éléments simples, issus de notre quotidien, de la nature ou de l’espace d’exposition même. Menues interventions, actions dérisoires, elles peuvent aussi prendre la forme de géométries simples, de variations de lumière ou de fréquences sonores à peine perceptibles.
Cette exposition veut rendre compte de démarches et d’intentions esthétiques, à travers le choix de plusieurs œuvres du même artiste ou de la production de nouvelles installations, décidées en étroite collaboration avec les artistes. Deux démarches, ici réunies sous une trentaine de propositions artistiques, offrent au visiteur un parcours sensible qui sollicite sa réception active : d’une part l’œuvre comme filtre ou comme loupe sur le monde proposant une expérience interrogeant les limites du sensible et notre perception de la réalité ; d’autre part la performance de micro-actions à l’aspect dérisoire révélant plus profondément un engagement poétique et existentiel au monde.

Les œuvres de Densité ±0 ne cherchent pas à représenter le réel à travers un système narratif ou documentaire. Par leur extrême précision, elles parviennent à ne retenir des choses concrètes que leurs mécanismes microphysiques ou leur degré d’abstraction, afin d’en traduire la part essentielle.

Liste des artistes

Francis Alÿs, Graham Gussin, Roman Ondák, Mark Bain, Ann Veronica Janssens, Roman Signer, Marie Cool et Fabio Balducci, Fiorenza Menini, Annika Ström, Marcel Dinahet, Jiro Nakayama, Joëlle Tuerlinckx, Ceal Floyer, Carsten Nicolai, John Wood et Paul Harrison, Myriam Gourfink et Kasper T. Toeplitz, Frédéric Nogray, work-seth/tallentire

Commissariat : Caroline Ferreira et Marianne Lanavère
Scénographie de l’exposition : LIN/Giulia Andi et Finn Geipel, architectes urbanistes, Paris-Berlin
Evénements programmés certains mercredis à partir de 19 h 30 (concerts, performances, projection de films d’artistes historiques, lectures de poésie, débat sur l’exposition, etc)
Catalogue bilingue français-anglais de 150 pages, sur une maquette de Philippe Dabasse, avec des textes de Christophe Cherix et Didier Semin, complétant l’exposition d’un point de vue historique.
Elle est présentée du 1er mai au 20 juin 2004 au Centre d’art contemporain Fri-Art à Fribourg en Suisse.
Cette exposition a bénéficié du soutien actif de : British Council, Londres / IASPIS, Stockholm / IFA (Institut für Auslandbeziehungen), Stuttgart / Double Agents, Londres / Mondriaan Foundation, Amsterdam,
et de celui de Philips et de la Fondation Electricité de France.
Ecole nationale supérieure des beaux-arts, 13 quai Malaquais, 75006 Paris
Exposition ouverte tous les jours sauf le lundi de 13 h à 19 h, nocturne jusqu’à 21 h certains mercredis (liée à la programmation d’événements)
Contact presse : Laurence Maynier, responsable de la communication et des expositions
Tél. : 01 47 03 50 74, Fax : 01 47 03 50 88, Mél. : laurence.maynier@ensba.fr

Paris, 26/01/2004Densité ± 0
More or less zero density
3 February – 11 April 2004

With reference to those artists who attempted to dematerialise the art object at the end of the sixties by substituting for it conceptual, immaterial or ephemeral propositions, a number of contemporary artists are renewing an interest in such concepts as the void, disappearance and invisibility. Densité ±0, as its title suggests, brings together a selection of contemporary works whose apparent visual reduction strengthens their conceptual and emotional power.

The aesthetic positions adopted by the artists presented in the exhibition are closer to infra-ordinary gesture than hyper-production. The works make use of simple materials gleaned from everyday life, nature or the exhibition space itself. Incidental interventions and derisory actions, they can also take the form of basic geometric shapes, lighting variations and barely audible sound frequencies.

This exhibition seeks to illustrate these aesthetic intentions through the presentation of several works by the same artist or new installations, produced in close collaboration with the artists. The viewer is confronted by two approaches, represented here by around 30 artistic propositions: the artwork as filter or magnifying glass, questioning the physical limits of the world and our perception of reality; and the performance of micro-actions to reveal a more poetic and existential commitment to the world.

The works in Densité ±0 do not attempt to represent the real by a narrative or documentary system. With extreme precision they succeed in retaining from concrete things only underlying micro-physical mechanisms or a level of abstraction, in order to convey their very essence.

Artist checklist:

Francis Alÿs
Mark Bain
Marie Cool and Fabio Balducci
Marcel Dinahet
Ceal Floyer
Myriam Gourfink and Kasper T. Toeplitz
Graham Gussin
Ann Veronica Janssens
Fiorenza Menini
Jiro Nakayama
Carsten Nicolai
Frédéric Nogray
Roman Ondák
Roman Signer
Annika Ström
Joëlle Tuerlinckx
John Wood and Paul Harrison
work-seth/tallentire


Guest curators: Caroline Ferreira and Marianne Lanavère
Exhibition design: Finn Geipel LIN architects urbanists
Events: throughout the exhibition on certain Wednesdays (from 8pm), including: music, art performances, historical film screenings, poetry readings, debates on the exhibition, etc.
Catalogue: approximately 150-page bilingual French-English catalogue, with commissioned text by Christophe Cherix and Didier Semin
Other venues: the exhibition will tour to the Fri-Art Kunsthalle in Fribourg, Switzerland, in the summer of 2004

Ecole nationale supérieure des beaux-arts (Ensba)
13 quai Malaquais, 75006 Paris - France
exhibition open everyday except Monday from 1pm to 7pm
late opening until 8pm some Wednesdays (events)


Press contact: Laurence Maynier (tel: +33 (0) 1 47 03 50 74; email: laurence.maynier@ensba.fr) 14/10/2003



 

 

Exposition

LES SOIRÉES DENSITÉ ±0

Certains mercredis soirs, tout au long de l’exposition Densité ± 0, des performances, des lectures de poésie, des films et des discussions sont programmés. Ces soirées prolongent l’exposition par des œuvres dont la temporalité et les modalités de présentation diffèrent des œuvres accrochées dans l’espace.

• mercredi 11 février, de 19 h 30 à 21 h, vestibule des salles d’exposition de l’Ensba
Performances de Damien Cadio et Pierre Guy, Ania Chkolnikva, Cyril Dietrich, Perrine Mornay, Emilie Pitoiset, Heesook Yu, étudiants de l’Ensba, proposées en écho à Densité ±0

• mercredi 18 février et mercredi 25 février, de 19 h 30 (précises) à 20 h 30, vestibule des salles d’exposition de l’Ensba
Performance sonore de Frédéric Nogray, Petite larsenographie de l’Ensba
Uniquement sur réservation (25 personnes au maximum par séance), Tél. : 01 47 03 54 58
Fermeture des portes à 19 h 30 précises car cette performance nécessite le silence

• mercredi 3 mars, de 19 h 30 à 21 h, vestibule des salles d’exposition de l’Ensba
ma haie, ma torche, mon étang, soirée de lectures de poésie par Emmanuel Hocquard et Fabien Vallos, suivies d’une performance de Laetitia Paviani, sur une proposition de Sophie Kaplan

• mercredi 17 mars, de 19 h 30 à 21 h 30, vestibule des salles d’exposition de l’Ensba
Performance chorégraphique de Myriam Gourfink, Too Generate (2000), interprétée par Myriam Gourfink, sur une musique composée et interprétée par Kasper T. Toeplitz, costume de Kova et lumière de Silvère. Co-production du Fresnoy/Studio national des arts contemporains, production LOL avec le soutien « Beaumarchais », de la Mairie de Paris, de l’Afaa et du Cnd.

• mercredi 24 mars, de 19 h 30 à 21 h 30, salle de conférences de l’Ensba
Projections de films d’artistes historiques et contemporains. Ce programme conçu par les commissaires, en rapport aux problématiques de l’exposition présentera des films des années 60-70 d’artistes tels que Bas Jan Ader, Robert Morris, Bruce Nauman, Yoko Ono, Nancy Holt et Robert Smithson, en alternance avec des films d’artistes de l’exposition Densité ±0 tels que Marie Cool et Fabio Balducci, Graham Gussin, Annika Ström, Joëlle Tuerlinckx, John Wood et Paul Harrison, work-seth/tallentire.

• mercredi 31 mars, de 19 h 30 (précises) à 21 h, vestibule des salles d’exposition de l’Ensba
Performance de Marie Cool et Fabio Balducci, Sans titres, 1996-2004
Fermeture des portes à 19 h 30 précises car cette performance nécessite le silence.

• mercredi 7 avril, de 19 h 30 à 21 h, vestibule des salles d’exposition de l’Ensba
Discussion-débat sur Densité ±0, animée par les commissaires de l’exposition avec la participation d’artistes invités.

Ce programme susceptible d’être modifié, a été élaboré par Caroline Ferreira d’Oliveira, Sophie Kaplan, Marianne Lanavère et Jany Lauga,

L’entrée aux soirées se fait avec un billet pour l’exposition (plein tarif : 4 €, tarif réduit : 2,5 €) dans la limite des places disponibles et du respect des horaires indiqués.


Contact : Jany Lauga, responsable de la programmation culturelle
Tél. : 01 47 03 54 58, Fax : 01 47 03 50 80, Mél. : jany.lauga@ensba.fr

LES SOIRÉES POÉSIE


Emmanuel Hocquard, Laetitia Paviani et Fabien Vallos seront les invités d’une soirée consacrée à l’écriture, la poésie. Le premier donnera une lecture de Ma Haie (éditions POL, 2001), recueil dont l’architecture autant que l’écriture trouvent un écho à la fois dans les œuvres présentées dans Densité ±O et dans les propositions d’auteurs de la nouvelle génération. Laetitia Paviani et Fabien Vallos, qui appartiennent à cette nouvelle génération, proposeront quant à eux leurs textes sous une forme davantage ‘performative’, rendant floues les frontières entre les différentes catégories artistiques.
Cette soirée sera également l’occasion d’un dialogue à trois voix, spécialement pensé pour l’occasion.


Un ou deux indices à propos de Ma Haie : « (…) mon désordre s’est déplacé. Il est aujourd'hui caché au coeur de mon ordinateur. Quand j'allume mon ordinateur, il y a quelques grands dossiers : mes Cours à l'Ecole, mon Courrier, ma Banque, mon Grand Frère, ma Vie, mon Oeuvre, mon Editeur, etc. Un de ces grands dossiers s'intitule ma Haie. C'est là. Là que gisent, pêle-mêle, une quantité de documents inclassables, sans liens entre eux, sorte de rhizome incontrôlé (amorces de textes, bouts de journal, notes, blaireaux, Dernières nouvelles de la cabane, lettres privées...) dans lequel j'ai puisé une bonne part des éléments qui constituent ce « livre ».

Emmanuel Hocquard est né d’excellente humeur à Paris en 1973, comme il le dit lui-même et, en 1940, de fort méchante humeur, selon l’état civil. Après des études supérieures d’histoire, il a fondé en 1969 et codirigé jusqu’en 1986, avec le peintre Raquel, les éditions Orange Export Ltd. Il a dirigé, de 1977 à 1991, le programme des lectures en littérature contemporaine à l’ARC, au Musée d’art moderne de la ville de Paris. En 1989, il fonde Un bureau sur l’Atlantique, consacré à la poésie américaine, qu’il codirige avec Juliette Valérey. Il enseigne la grammaire à l’école des beaux-arts de Bordeaux. Parmi ses nombreuses publications, on compte : Une journée dans le détroit, POL, 1980, 21+1 poètes américains (anthologie, en coll. avec C. Royet-Journoud), Delta, 1986 ; Un privé à Tanger, POL, 1987 ; La bibliothèque de Trieste, Royaumont, 1988 ; Un test de solitude, POL, 1999 ; L’invention du verre, POL, 2003.


Dans ses textes autant que dans ses installations et performances, Laetitia Paviani réactive des sources d’origines aussi éloignées que diverses, re-formant ainsi un ensemble multiple, énigmatique et trouble, à l’intérieur duquel les frontières entre les différentes réalités convoquées s’effacent et se mêlent. Ainsi, elle fait traverser une exposition par le vide (installation Chaos, 2002), elle coopère avec musiciens, chorale et enfants (événement Wayomer, 2001), ou encore participe à la réadaptation d'un jeu vidéo dont elle écrit les dialogues. Son travail d'écriture, autonome, s’organise en démonstrations motrices, qui fouillent le sens à la verticale des sujets abordés.

Laetitia Paviani est née en 1976. Diplômée de l’Ensba en 2001, elle participe l’année suivante à l'exposition des félicités L'art c'est secondaire, dont Christian Bernard est le commissaire. Elle intervient depuis dans le cadre de différentes expositions ou workshops. En 2003, elle rédige par ailleurs plusieurs textes pour des revues, dont un pour le catalogue de François Roche (R&Cie). Elle est publiée aux éditions Mix (-torche, Rhuthmos)


Depuis 1999, Fabien Vallos travaille en collectif. Il estime nécessaire ce recours à la complexité des voix et des propositions, en même temps que l’abandon de la position nommée d’artiste. Le travail collectif auquel il participe est lié à l’imbrication des modes de représentations. Dans son travail personnel sur le texte, il arpente la grammaire et tente une écriture où l’idée du poétique se mêle aux formes d’écriture de la philosophie. Son travail d’écriture avance la thèse que le poétique a quitté la grammaire de la phrase pour une grammaire de « blocs » de textes.

Fabien Vallos est né en 1972. Il est doctorant en sémiologie à l’université Paris IV-Sorbonne. Il est le fondateur du collectif MIX et le co-fondateur de la revue ON et des éditions MIX. Il ne conçoit son travail d’artiste que dans les œuvres collectives produites par MIX (collectifmix.org). Comme auteur, il publie en revues ainsi qu’aux éditions «au figuré» (De retour en 2002, Gratin d’aubergine à la tomates et Or les verbes… en 2003).


 

Les artistes

Alÿs |  Bain |  Marie Cool et Fabio Balducci  |  Dinahet |  Floyer |  Myriam Gourfink et Kasper T. Toeplitz  |  Gussin |  Janssens |  Menini |  Nakayama |  Nicolai |  Nogray |  Ondák |  Signer |  Ström |  Tuerlinckx |  John Wood et Paul Harrison  |  work-seth/tallentire | 

 

 

Biographie des artistes

Alÿs

Francis Alÿs est né en 1959 à Anvers (Belgique). Il vit à Mexico. Architecte de formation, il s’est tourné vers les arts plastiques dans les années 90. Ses œuvres ont été montrées internationalement, par exemple à la Biennale de la Havane en 1994, à la Whitechapel Art Gallery de Londres en 1997, à MetroPicture de New York en 1999 et à l’Arc à Paris dans le cadre de l’exposition Da Adversidade Vivemos en 2001. Il a également eu des expositions personnelles au Museo de Arte Moderno de Mexico en 1997, à la Lisson Gallery de Londres en 1999, en France au Musée Picasso d’Antibes en 2001 et à la Collection Lambert en Avignon en 2003. Son travail est représenté par la Lisson Gallery de Londres et par la galerie Peter Kilchmann à Zürich.

L’œuvre protéiforme de Francis Alÿs intervient dans un champ de pratiques diverses, de la peinture à la performance. La notion d’action comme modeste exploit, souvent associée à l’idée de marche urbaine, est récurrente dans le travail de l’artiste. Ces actions qui ne mènent en apparence à rien, comme pousser lentement un bloc de glace dans la rue jusqu’à ce qu’il soit complètement fondu, sont alors transcendées en un geste extra ordinaire.

Bain

Mark Bain est né en 1966 à Seattle (USA) et vit à Amsterdam (Pays-Bas). Il a étudié au Massachusetts Institute of Technology de Boston en 1998, puis en résidence à la Rijksakademie à Amsterdam jusqu’en 2001. Ses projets ont été montrés à la Fondation De Appel à Amsterdam en 1999, à l’Expo 2000 à Hanovre, au Rooseum à Malmö (Suède) en 2001 et à la Edith-Ruß-Haus à Oldenburg (Allemagne) en 2003. A l’exception d’une exposition personnelle en 2001 à la galerie Romain Larivière à Paris, il a rarement exposé en France.

Mark Bain produit des installations sonores basées la captation d’ultrasons émis par des sites industriels grâce à des appareils sismiques, d’infra-sons subliminaux ou de fréquences radio propres à un lieu donné. L’artiste réalise aussi des performances dans lesquelles il fait par exemple trembler une architecture par la diffusion de fréquences vibratoires. C’est par une analyse scientifique des composants intrinsèques du son que Mark Bain propose d’expérimenter les limites de la perception.

Marie Cool et Fabio Balducci

Marie Cool est née en 1961 en France. Elle a une formation en danse contemporaine. Fabio Balducci est né en 1964 en Italie. Il a une formation d’artiste plasticien. Ils travaillent ensemble depuis 1995 et vivent à Paris. Leurs performances ont été présentées en Suisse (Attitudes à Genève en 2000, à Fri-art à Fribourg en Suisse, en 2002) au Royaume-Uni (South London Gallery en 2001, festival New Moves à Glasgow en 2003) et en France (Public à Paris en 2000, Centre culturel suisse à Paris en 2003).

Les performances de Marie Cool et Fabio Balducci sont des séquences qui durent à peine quelques minutes. Piochant dans un réservoir d’éléments issus du quotidien tels qu’un sac en plastique, un élastique ou des miettes de pain, Marie Cool, effectue seule ces performances, entreprend des micro-actions qui confèrent à l’éphémère du quotidien une forte charge émotionnelle. Par leur précision et leur simplicité, ces gestes plongent les spectateurs dans un état particulier de silence et de concentration.

Dinahet

Marcel Dinahet est né en 1943 à Plouigneau (France) et vit à Rennes. Plongeur et paysagiste, il commence dans les années 90 à montrer son travail de sculpture et de vidéo. Il a réalisé des expositions personnelles au Grand Café de Saint-Nazaire en 2000, au Quartier de Quimper en 2001 et à la galerie Le Sous Sol à Paris et à la chapelle du Genêteil, en 2002. Ses œuvres sont dans les collections des Frac Bretagne, Basse Normandie, Languedoc-Roussillon et du Fnac.

L'œuvre de Marcel Dinahet, liée à une pratique singulière de plongée sous-marine, a pour sujet privilégié les états changeants du littoral et des fonds aquatiques. Au-delà de cette attirance pour la mer, ce qui fait l’intérêt d’un tel travail est le questionnement plus large qu'il implique sur les limites de la perception. Le niveau de l’eau, entre terre et mer, devient une métaphore pour exprimer les concepts d’intervalle, de frontière, d’entre-deux. En filmant le paysage par brouillage, flou et frottement, Marcel Dinahet développe une œuvre qui associe à la perte de repères spatiaux une remise en question de notre appréhension de la nature.

Floyer

Ceal Floyer est née en 1968 à Karachi (Pakistan). Elle vit et travaille à Berlin. Elle a étudié au Goldsmiths College de Londres. Ses œuvres ont été montrées lors d’expositions personnelles au Kunstlerhaus Bethanien à Berlin en 1998, à la Kunsthalle de Bern (Suisse) en 1999, à l’Ikon Gallery de Birmingham (Royaume-Uni) en 2001 et à Index à Stockholm en 2002 et à Portikus, Francfort, en 2003. En France elle a participé aux expositions de groupe « Life /Live » à l’Arc à Paris en 1997, La Répétition : la tête dans les nuages à la Villa Arson en 2000 et « Comment rester zen » au Centre culturel suisse à Paris en 2003. Elle est représentée par la Lisson Gallery à Londres et par Casey Kaplan à New York.

Le travail minimal de Ceal Floyer se compose de vidéos, projections de lumière et diffusions sonores, d’œuvres sur papier et de pièces sculpturales. Requérant un examen attentif de la part du spectateur, ses œuvres procèdent de minutieuses manipulations spatiales et d’agencements d’objets de la vie courante. Lorsqu’ils sont mis en situation par l’artiste, des objets tels qu’un sac poubelle, un interrupteur ou une ampoule acquièrent une nouvelle réalité naissant du décalage entre contenu et contenant, illusion et réalité, raison et absurde.

Myriam Gourfink et Kasper T. Toeplitz

Myriam Gourfink, chorégraphe, est née en 1968 dans l’Oise (France). Kasper T. Toeplitz, compositeur et bassiste électrique, est né en 1960 à Varsovie (Pologne). Ils travaillent ensemble depuis 1999 et vivent à Paris. Depuis sa première chorégraphie (Beth, 1996), Myriam Gourfink a présenté ses créations en France, à la Ménagerie de Verre, au Centre national de la danse et au Centre Pompidou, et à l’étranger notamment à l’Académie der Künste à Berlin, au Tanzquartier à Vienne et au Kunsten Festival des Arts à Bruxelles. Kasper T. Toeplitz travaille de manière « mutante », collaborant autant avec des institutions de musique contemporaine (Ircam, Grm, Gmem, etc) qu’avec des musiciens de la scène électronique ou « noise » (Art Zoyd, Eliane Radigue, Phill Niblock, Zbigniew Karkowski,etc).

La danse de Myriam Gourfink procède d’une concentration extrême du geste résultant d’une maîtrise de la respiration et du système musculaire. Retenues et lentes, ses chorégraphies explorent les micromouvements du corps, dans un rapport souvent contraint à l’espace ou au vêtement. Depuis 1999, elles s’accompagnent de la musique électronique de Kasper T. Toeplitz, qui leur confère un état de suspension hypnotique. Récemment, Myriam Gourfink a créé un langage chorégraphique à partir de la notation historique « Laban » sur un logiciel de composition du mouvement (LOL) lui permettant d’interpréter une partition dansée en temps réel.

Gussin

Graham Gussin est né en 1960 à Londres où il vit. Il a eu des expositions personnelles à l’Ikon Gallery de Birmingham (Royaume-Uni) et au New Museum de New York. Il a récemment été co-commissaire de l’exposition très remarquée Nothing autour de la notion de vide dans l’art contemporain, qui s’est déroulée à la Northern Art Gallery à Sunderland (Royaume-Uni), au Rooseum de Malmö (Suède) et au Cac de Vilnius (Lituanie) en 2001. Son travail est représenté par la galerie Chantal Crousel à Paris et la Lisson Gallery à Londres. A l’exception d’une exposition personnelle à la galerie Chantal Crousel à Paris en 2001 et de certaines œuvres achetées par le Frac Languedoc-Roussillon, son travail a rarement été montré en France.

Le travail de Graham Gussin prend des formes diverses, du dessin au film 16 mm, de l’installation in situ à la photographie. Son approche de l’art se situe dans une lignée d’artistes conceptuels des années 60-70, références auxquelles il combine un intérêt pour le cinéma, des films de Tarkovski à la science-fiction. Son travail cherche à retranscrire de manière visuelle des atmosphères et des situations littéraires, cinématographiques et musicales, pour expérimenter les décalages entre réalité et fiction tout en explorant les notions d’invisibilité et de vide.

Janssens

Ann Veronica Janssens est née en 1956 à Folkestone (Royaume-Uni). Elle vit à Bruxelles. Elle a participé aux Biennales de Sydney en 1998 et de Venise en 1999 où elle occupait le Pavillon belge avec Michel François. Elle a exposé ses œuvres en 1997 au Rooseum de Malmö dans le cadre de l’exposition On the Sublime…, au Mukha d’Anvers en 1997 et à Utrecht en 1999 dans l’exposition Superspace, où 13 projets différents étaient exposés dans toute la ville. Après la Kunsthalle de Berne l’année dernière, une importante exposition personnelle lui est consacrée cette année au Mac de Marseille. Elle est représentée par la galerie Micheline Szwajcer à Anvers, Schipper-Krome à Berlin et 130 PE à Los Angeles.

Ann Veronica Janssens élabore des sculptures, des installations in situ et des environnements qui jouent avec la perception du spectateur en le plaçant au centre de son œuvre. Poursuivant de manière contemporaine des recherches sur la notion d’espace, notamment liées à la perspective, ses œuvres emploient souvent la lumière, la couleur, le son ou le brouillard pour créer une perte de repères avec un minimum de moyens formels.

Menini

Fiorenza Menini est née en 1972 à Montpellier (France). Elle est actuellement en résidence à l’ISCP à New York. Elle a présenté ses œuvres à l’occasion d’expositions personnelles à la galerie Yvon Lambert en 2001, à la galerie Taché-Levy à Bruxelles. Depuis 2000, elle a réalisé 7 performances, suite à des commandes notamment de Mains d’Oeuvres à Saint-Ouen, du Palais des expositions à Rome ou du centre d’art Le Plateau à Paris.

Depuis 1999, Fiorenza Menini s’applique à représenter de manière abstraite une notion étirée du temps, filmant et performant des situations d’attente, des activités non productives ou à perte, par exemple des surfeurs attendant la vague sans fin. En parallèle à ses vidéos, Fiorenza Menini a développé un travail de performances dans lesquelles des danseurs mêlés au public se prêtent à l’exercice d’attendre, d’esquisser un geste ou de tomber.

Nakayama

Jiro Nakayama est né en 1961 à Tokyo (Japon) et vit depuis une quinzaine d’années à Paris. Il a étudié au Japon dans le domaine de l’environnement, puis a été diplômé de l’Ensba de Paris en 1992 et a suivi les cours de l’Institut des hautes études en arts plastiques. Il a présenté ses œuvres à l’occasion d’expositions personnelles à la Box de Bourges en 1994 et la galerie Le Sous Sol à Paris en 2001. Il a également exposé dans les expositions collectives Paris pour escale à l’Arc à Paris en 2000, Le Détour vers la simplicité au Confort Moderne à Poitiers en 2001 et Les Heures claires à la Villa Savoye à Poissy (France) en 2002.

Jiro Nakayama, au travers d’installations sonores et lumineuses, cherche à modifier notre perception de la réalité ou de l’espace architectural à un niveau « infra-ordinaire » Depuis ses études scientifiques au Japon l’artiste a développé une approche micro-physique de notre environnement qui s’attache à en analyser les éléments les plus imperceptibles. Par des jeux d’inversion entre ce qui est vu et ce qui est entendu, il en révèle les variations infimes, les particules et les silences.

Nicolai

Carsten Nicolai est né en 1965 à Karl-Marx-Stadt (Allemagne) et vit à Berlin. Après des études de paysagisme il a créé en 1996 son propre label de musique électronique, raster-noton. Internationalement reconnu à la fois par la scène musicale et par celle de l’art contemporain, il a réalisé des projets pour la Documenta X, pour les Biennales de Venise 2001 et 2003, la Triennale d’Eichigo Tsumari (Japon) en 2003 et l’exposition Frequencies [Hz] à la Schirn Kunstalle à Francfort en 2002. A l’exception de l’exposition Nano à la galerie Fraich’attitude à Paris en 2003, ses œuvres visuelles n’ont été montrées que très rarement en France. Il est représenté par la galerie Eigen + Art à Berlin et Leipzig.

Carsten Nicolai réalise des installations dans lesquelles les éléments sonores (musique électronique) et visuels (dessins, photographies, sculptures) interagissent. Décriptant le son des appareils et des phénomènes naturels à un niveau microscopique, il en explore les oscillations les plus infimes. Ses œuvres sont une traduction visuelle de ses expérimentations sonores et comportent le même souci d’abstraction. En tant que musicien sous le pseudonyme « noto » ou « alva-noto », Carsten Nicolai réalise également des performances de musique électronique accompagnées de projections.

Nogray

Frédéric Nogray est né en 1971 et vit à Paris. Il a collaboré avec plusieurs artistes, musiciens, chorégraphes, dans des contextes très divers. Ses installations ont été présentées dans les expositions We don’t play à la Ménagerie de Verre à Paris (octobre 2003) et au Winkelcentrum à Maastricht (novembre 2004). Son premier album CD, intitulé Panotii, est sorti le 1er septembre 2003 sur le label français N-REC (www.n-rec.com).

Les concerts, performances et installations sonores de Frédéric Nogray se définissent par leur contexte architectural et par le devenir aléatoire du son, généré dans le temps. Sa matière sonore provient de prises de son ou de cessions d'improvisations dans lesquelles l’artiste met en défaut le son des appareils analogiques (filtre, table de mixage…) traité, ou non, en temps réel avec un ordinateur portable. Explorant ainsi le moindre larsen naissant de l’amplification du silence, Frédéric Nogray développe une réflexion sur la perception du son qui en révèle le potentiel émotionnel et « intra-psychédélique ».

Ondák

Roman Ondák est né en 1966 à Zilina en Tchèquie. Il vit à Bratislava (Slovaquie). Il a exposé au Ludwig Museum de Budapest en 1999. Ses œuvres ont également été présentées lors de Manifesta 1 à Rotterdam en 1996, en 1999 dans l’exposition After the Wall au Moderna Museet de Stockholm, à Manifesta 3 à Ljubljana en 2000, à la Biennale de Venise en 2003. Il aura une exposition monographique au Kunstverein de Cologne en mars 2004. Il est représenté par la galerie & : gb agency, à Paris.

Le travail de Roman Ondák fait appel à des matériaux pauvres, qu’il magnifie et transforme dans une démarche liée au contexte social. Il réalise également des installations qui jouent sur la perception du spectateur. Cherchant à lier le travail artistique avec une mémoire collective plus large, sa démarche consiste souvent à demander à des « non artistes » de son entourage de dessiner ou de réaliser des maquettes de monuments internationalement connus, d’après ses propres descriptions ou d’après l’idée qu’ils s’en font sans jamais avoir pu les visiter.

Signer

Roman Signer est né en 1938 à Appenzell (Suisse). Il vit à Saint Gall (Suisse). Il a exposé internationalement, notamment au Skulptur Projekte de Münster en 1997, au Swiss Institute de New York en 1997, et au Pavillon suisse de la Biennale de Venise en 1999. La même année, une rétrospective lui a été consacrée au Bonnefanten Museum de Maastrich, puis au Camden Arts Centre de Londres en 2002 et à la Haüser & Wirth Collection à Saint Gall en 2003. Il est représenté par la galerie Art : Concept à Paris.

Roman Signer réalise depuis 1973 des « actions-sculptures » qui résident en la mise en place de micro événements générant des résultats dérisoires et absurdes. Les matériaux qu’il utilise, afin de produire ces actions, consistent en des fusées, armes à feu ou explosifs mais aussi en de simples objets de la vie courante tels que des outils, des bottes de caoutchouc, des ballons de baudruche ou des feuilles de papier blanc. En prise directe avec la nature symbolisée par ses quatre éléments, ces incidents viennent perturber les clichés d’une nature suisse immaculée, dans une entreprise d’échec à répétition profondément existentielle.

Ström

Annika Ström est née en 1964 à Helsingborg (Suède) et vit à Berlin. Après des études d’art à Copenhague, elle a été invitée en résidence à Delfina à Londres en 2000 puis par Iaspis à Stockholm en 2001. Son travail est beaucoup montré dans les pays scandinaves et germaniques (Wiener Secession, Vienne et Vidéodrome, Copenhague en 2000, Iaspis Gallery, Stockholm en 2001), et bien qu’il soit présent dans les collections françaises (Fnac) il n’a jamais été montré à Paris. Elle est représentée par les galeries Drantmann à Bruxelles, Atle Gerhardsen à Berlin et Casey Kaplan à New York.

Annika Ström écrit des chansons appartenant au registre pop qu’elle accompagne de vidéos et d’installations (dessins, objets, photographies). Ses mélodies sont produites avec des moyens volontairement modestes et avec un mini synthétiseur comme unique instrument. Associant les paroles compilées sous forme de clips à des scènes de la vie quotidienne, les vidéos expriment des situations en apparence banale, mais chargées d’émotion et de romantisme avec une maladresse délibérée, qui se jouent du sentimentalisme généralement associé à la figure de l’artiste femme et aux clichés nordiques.

Tuerlinckx

Joëlle Tuerlinckx est née en 1958 à Bruxelles où elle vit. Son travail a été présenté internationalement suite aux invitations, entre autres, de Cathy de Zegher, Chris Dercon et Bart de Baere. Ses récentes expositions ont eu lieu à la South London Gallery de Londres en 2002, à Documenta XI puis à la Renaissance Society de Chicago en 2003. En France, elle a eu une importante exposition au Frac Champagne Ardennes en 1999 et a participé à l’exposition de groupe subréel au Mac de Marseille, en 2002. Elle est représentée par la galerie Stella Lohaus à Anvers et par argos à Bruxelles.

Joëlle Tuerlinckx réalise des sculptures, collections d’objets, diapositives et vidéos combinés qui traduisent de manière singulière son univers personnel, mis à distance par une grande attention portée aux formes. S’inscrivant dans une histoire de l’art minimal et conceptuel propre à la Belgique, l’apparente rigueur formelle du travail de Joëlle Tuerlinckx révèle une observation des phénomènes éphémères, présents dans la vie de tous les jours tels que les mouvements du soleil ou la traversée de paysages, avec l’intention de saisir l’évolution temporelle des choses sensibles.

John Wood et Paul Harrison

John Wood est né en 1968 à Hong Kong (Chine). Paul Harrison est né en 1966 à Wolverhampton (Grande-Bretagne). Les deux artistes ont toujours travaillé ensemble et vivent à Bristol (Royaume-Uni). Leurs vidéos ont été présentées dans le cadre des expositions Instant au Camden Arts Centre de Londres en 1996, New Video from Great Britain au Museum of Modern Art de New York en 1997 et Triple X à Amsterdam en 1999. Leurs récentes expositions personnelles ont eu lieu en 2002 à la Chisenhale Gallery de Londres puis en 2003 à la galerie fa projects de Londres, qui représente leur travail. En France, leur travail n’a que récemment été découvert dans l’accrochage des collections du Centre Pompidou en 2003 et au Printemps de Septembre à Toulouse la même année.

Les vidéos de John Wood et Paul Harrison mettent en scène des actions filmées qui interrogent la résistance du corps à un espace donné, le légendaire « white cube ». Toujours vêtus de manière neutre, leur corps est un matériau d’expérimentation, au même titre que leur matériel d’atelier et des éléments du quotidien qu’ils utilisent pour perturber ce cube blanc avec un humour glacé. Sous le rationalisme de déclinaisons infinies de positions calculées au millimètre près, se cache une réflexion sur la défaillance de notre condition humaine.

work-seth/tallentire

John Seth est né en 1962 à Calcutta (Inde). Anne Tallentire est née en 1949 à Portadown, Co. Armagh (Irlande du Nord). Ils vivent à Londres et travaillent en collaboration depuis 1993 et depuis 1997 sous le nom de work-seth/tallentire. Choisie pour représenter l’Irlande à la Biennale de Venise de 1999, Anne Tallentire a montré son travail à la Lux Gallery de Londres en 1999 et dans l’exposition Neue Welt au Frankfurter Kunstverein en 2001. Elle enseigne au St Martin’s College of Art and Design de Londres. John Seth, théoricien de formation, enseigne à Middlesex University et écrit régulièrement dans des publications. Ils ont exposé ensemble à la Orchard Gallery de Derry (Irlande) en 2000 et à la South London Gallery de Londres la même année.

Le travail de work-seth/tallentire se compose d’interventions et de performances minimales dans l’environnement urbain qui, filmées et combinées à un agencement d’objets, constituent le matériau, souvent en évolution, de leurs expositions. Sans être ouvertement politiques, leurs installations sont implicitement marquées par des questions de territoire, de frontière et d’identité en rapport à la situation politique de leurs pays respectifs d’origine vis-à-vis du Royaume-Uni. C’est dans une démarche d’« invention du quotidien », que work-seth/tallentire se situe, recyclant avec subtilité et poésie les résidus de notre civilisation.

 

 

Commissaire(s) de l'exposition : Caroline Ferreira et Marianne Lanavère

Caroline Ferreira d’Oliveira (Paris, 1972)
Après des études de droit et d’histoire de l’art, elle a travaillé de 1998 à 1999 à la galerie Anthony d’Offay et à la Tate Gallery à Londres. Elle a été ensuite assistante d’expositions à la Galerie nationale du Jeu de Paume à Paris (L’autre moitié de l’Europe, François Morellet, Oscar Niemeyer, …) puis coordinatrice des expositions itinérantes, de 1999 à 2003.

Marianne Lanavère (Paris, 1974)
Après des études d’histoire de l’art, elle a travaillé au Centre Pompidou de 1997 à 2000 en tant qu’assistante d’expositions (Premises et Elysian Fields). Entre 2000 et 2002 elle a suivi une formation curatoriale au Royal College of Art de Londres. Elle est désormais commissaire indépendante à Paris. Ses récents projets incluent la programmation du project space à la galerie Ludovic De Wavrin en 2003 et l’exposition
Le Parc (Vincent Lamouroux, Guillaume Leblon, Gyan Panchal, Kristina Solomoukha) au CAC de Vilnius en Lituanie, en 2003.
Ensemble, Caroline Ferreira d’Oliveira et Marianne Lanavère ont déjà réalisé l'exposition Suspendu (Guillaume Leblon, Fiorenza Menini, Laurent Montaron), à la galerie fa projects, en juin 2003 dans le cadre de Made in Paris organisée par l'Ambassade de France à Londres.




LA SCÉNOGRAPHIE

Les projets architecturaux de Giulia Andi et Finn Geipel témoignent d’une position fonctionnelle et minimale, qui envisage l’espace non seulement en tant que volume mesurable, mais aussi à travers son potentiel sensible. Les résonances des matériaux, les variations de lumière et le parcours du corps dans l’espace sont des données qui contribuent à faire de l’architecture une expérience physique, pourtant sans effet spectaculaire. À ce titre, leur approche, fondée sur une analyse des facteurs intrinsèques à un lieu, rejoint celle de nombre d’artistes de l’exposition Densité ± 0. À l’origine de chaque projet, les architectes s’entourent de scientifiques, de philosophes ou d’artistes. C’est ainsi que l’agence LIN collabore régulièrement avec Carsten Nicolai. Adeptes de la moindre intervention, les réalisations de Giulia Andi et de Finn Geipel font preuve d’une précision extrême quant au choix des proportions et des matériaux. Depuis la création de l’agence en 2000, ils ont développé un grand nombre de projets pour des lieux existants, à réaménager ou à réhabiliter, se jouant de leurs contraintes (site protégé, architecture en fibres de béton, etc.) avec subtilité. Poursuivant ces recherches, la scénographie de l’exposition Densité ± 0 à l’Ensba prend en compte les difficultés de l’espace (deux espaces séparés, disparités de sol et de luminosité, hauteur de plafond, bâtiment protégé) tout en créant un espace d’exposition unifié. À contre-courant de la tendance actuelle des expositions d’art contemporain, un parcours alternant cimaises et membranes suspendues respecte la concentration nécessaire à la singularité de chacune des œuvres.

 

 

Catalogue

Un catalogue bilingue français-anglais (environ 150 pages) avec 60 reproductions couleur et une dizaine de reproduction en noir et blanc, complète la thématique de l’exposition d’un point de vue historique et critique. Il comprend sur une maquette de Philippe Dabasse, une introduction par les commissaires, Caroline Ferreira et Marianne Lanavère, deux textes historiques l’un, par le critique d’art genevois co-fondateur des éditions JRP Christophe Cherix, l’autre, par l’historien de l’art et professeur à l’Ensba Didier Semin, ainsi que des notices et plusieurs images pour chaque artiste.

 


Informations pratiques

DENSITÉ ±0
Du 03/02/2004 au 11/04/2004

Vernissage le 02/02/2004 à 18h00
Commissaire(s) : Caroline Ferreira et Marianne Lanavère

13, quai Malaquais, Paris 6e

ouvert tous les jours sauf le lundi, de 13h00 à 19h00

Métro Ligne 4 : Saint-Germain des Prés
Bus : 24 - 27 - 39 - 48 - 63 - 70 - 86 - 87 - 95 - 96